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Henri Boitier
Traon Bian St Pierre
29200 BREST
à CAF du Nord Finistère
rue Portzmoguer
29200 BREST
 
Brest le 10 décembre 1998
 
Madame, monsieur
 

Je viens de recevoir mon relevé de compte qui mentionne le virement de mes prestations (RMI) du mois de novembre 1998: 1538 F, soient 600F de moins que les autres mois.

Je suppose que c'est à cause du travail saisonnier que j'ai effectué en septembre, (1800F nets) et que je vous ai déclaré lors de la dernière récapitulation de mes subsides.

Vos services m'ont expédié une demande pressante de déclaration sur l'honneur, pour vous assurer que j'avais cessé toute activité salariée. Je vous l'ai expédiée. J'aurais aimé être prévenu que le prochain virement serait défalqué de 600F.

Je trouve que ces manières sont TRES méprisantes.
Je me trouve dans la position de l'assisté qui doit lécher les pieds de son protecteur -pis, d'un employé de son protecteur- ,afin de ne pas être privé de mes subsides. Le protecteur, quant à lui, donne selon son bon plaisir. J'ai horreur de ce genre d'attitude.

Il est inadmissible qu'on n'ait pas, plusieurs mois à l'avance, une estimation des modifications de prestations. L'ignoriez-vous : tous les miséreux ne lisent pas tous les articles de loi, bien qu'ils y soient légalement tenus, paraît-il.

 Et à l'heure où on parle le plus de dignité, et dans un cadre qui concerne des gens qui en ont marre d'être méprisés, je n'apprécie pas que des économies soient réalisées (dans quel but?) sur le dos des plus pauvres.
Est-ce que vous savez que les vendanges, c'est pas à Brest? J'ai fait 2000 km pour gagner une misère.
J'y ai trouvé mon compte, bien entendu, et je ne vais pas mourrir de votre inconséquence. Je vis ma vie de RMIste très sereinement et très efficacement d'un point de vue social.
Toutefois ces qualités, que vous aimeriez connaître chez tous les RMIstes, font que mon énergie et mes neurones sont aussi efficaces que possibles; ces 600F manquants me mettent dans la mouise, et vont déclencher des discussions où je ne serai pas aussi bienveillant que d'habitude envers les instances "sociales" que je croyais encore concernées par la misère.

J'attends avec impatience que le RMI augmente raisonnablement, et je pense que la lutte aboutira.

Passez de bonnes vacances de Noël, et si vous ne lisez ma lettre qu'en 2000, tant pis, mes souhaits seront encore valables pour noël 99!

Henri

1 copie au secrétaire d'état à  l'action sociale



 
Henri Boitier 
Traon Bian St Pierre 
29200 BREST
à           Bernard KOUCHNER
Secrétaire d'Etat à la santé et à
l'action sociale
8, avenue de Ségur - 75007 PARIS
 
Brest le 14 décembre 1998
Monsieur
 
 

Je vous faisais part dans une lettre très récente de mon exaspération :
« Je viens de recevoir mon relevé de compte qui mentionne le virement de mes prestations (RMI) du mois de novembre 1998: 1538 F, soient 600F de moins que les autres mois.»
En fait, le relevé, qui datait du 9 décembre, est corrigé ce jour par un autre en date du 11, qui fait état d’un versement de 600F.

Je me suis peut-être emporté un peu vite, considérez donc mes critiques comme non fondées, et recevez mes excuses, s’il vous plait.
Merci de vouloir comprendre mon angoisse devant ce supposé manque d’argent.

Henri

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